Association Internationale des CharitésL'AIC, La plus ancienne association laïque féminineLa première fondation de saint Vincent de Paul acquiert un caractère international En 1971, l'AIC acquiert un caractère international et se renouvelle dans la ligne du Concile Vatican II Avec le thème "Contre la pauvreté agir ensemble" l'AIC se transforme en un réseau de projets à travers le monde Consciente de la mondialisation des problèmes de la pauvreté, l'AIC s'insère dans la vie des grandes organisations internationales L'AIC, association de femmes, accorde une attention particulières aux problèmes des femmes L'AIC adopte comme lignes d'action La défense des droits de l'homme en faveur des plus pauvres Vers une culture de la solidarité et de l'autopromotion, du respect et de la paix
par Dilde Grandi L'AIC, La plus ancienne association laïque féminine
La première fondation de saint Vincent de Paul acquiert un caractère international
En 1971, l'AIC acquiert un caractère international et se renouvelle dans la ligne du Concile Vatican II
Avec le thème "Contre la pauvreté agir ensemble" l'AIC se transforme en un réseau de projets à travers le monde L'AIC est maintenant présente en de nombreux pays d'Europe, d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, d'Asie et d'Afrique. Elle regroupe 42 associations, avec plus de 250.000 membres, tous engagés dans l'effort de faire vivre, de façon adaptée à notre temps, le projet fondamental de Vincent de Paul, leur fondateur : Pour favoriser cette tâche commune, l'AIC s'engage à former
les volontaires, en organisant des séminaires au niveau mondial et
régional, en visitant les associations, en publiant et en diffusant
des documents de réflexion et de formation. Elle coordonne l'activité
des volontaires pour une action plus efficace en faveur des pauvres et des
marginaux, en les aidant aussi à exécuter des projets locaux,
à trouver des subventions d'organismes internationaux, à favoriser
échanges et collaboration entre projets similaires.
Consciente de la mondialisation des problèmes de la pauvreté, l'AIC s'insère dans la vie des grandes organisations internationales L'AIC, en tant qu'association mondiale, a conscience d'avoir un rôle à jouer au plan international. A cet effet elle représente ses associations auprès des organismes gouvernementaux ou non-gouvernementaux. Elle jouit d'un statut consultatif auprès de l'UNESCO, de l'ECOSOC et du Parlement Européen. Elle collabore avec beaucoup d'autres organismes; à un niveau supranational, elle participe à des réseaux et à des échanges. Elle est membre du CIAS (Comité International d'Action Sociale), de la Conférence des OIC (Organisations Internationales Catholiques), de l'UMOFC (Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques) et d'autres associations féminines.
L'AIC, association de femmes, accorde une attention particulières aux problèmes des femmes La participation à des initiatives en faveur des femmes est cohérente avec le choix de l'AIC. Etant depuis l'origine une association surtout féminine, elle voue une attention particulière à la situation des femmes pauvres, doublement pénalisées, parce que femmes et marginalisées; elle veut connaître toujours plus à fond leurs besoins, les situations d'injustice et de violence dans lesquelles elles vivent. Pour être fidèle à cette option, consciente de sa responsabilité, l'AIC participe à toutes les grandes initiatives mondiales en faveur du monde féminin. Par ses représentantes elle collabore aux initiatives de nombreux organismes non gouvernementaux ou catholiques, en préparation à la Conférence Mondiale des Femmes, qui aura lieu à Pékin, en 1996. L'AIC sait qu'elle peut fournir un apport spécifique, grâce à l'expérience concrète de ses volontaires, grâce aussi au développement de son idée de l'importance du rôle des femmes dans les familles les plus pauvres et les plus marginalisées; son expérience et son projet peuvent fournir une base utile à la réflexion. Même en position subalterne, ce sont les femmes qui se chargent des problèmes des familles. Et, bien souvent, elles sont des médiatrices, des agents de pacification dans un contexte fortement marqué par des déchirements et des oppositions.
L'AIC adopte comme lignes d'action: la formation, la communication, la solidarité, l'autopromotion, prises comme axes de son action auprès des familles pauvres Pour être fidèle à sa mission propre, l'AIC ressent le besoin de se mettre constamment à jour pour trouver les moyens les meilleurs de la promotion des pauvres, en un temps et dans une culture donnés. A cet effet, en 1991, à Assise, l'Assemblée des Déléguées a défini ses propres lignes d'action, visant à s'efforcer ensemble à favoriser la formation, la communication, la solidarité et l'autopromotion. Ces lignes ont été précisées, développées et consolidées lors de la récente Assemblée de 1994, à Antigua (Guatemala), en tenant compte du chemin parcouru par l'Association. En effet, au cours des années, tout en restant fidèle aux choix fondamentaux, la réflexion de l'AIC a ouvert des voies nouvelles et indiqué de nouveaux objectifs.L'option antérieure de se tenir aux côtés des familles les plus pauvres, souvent marginalisées, forcées de vivre dans des situations sociales dramatiques, a subi de profondes mutations dès qu'on s'est aperçu que la simple assistance était inefficace et finissait par créer de nouvelles dépendances. Il faut faire participer les pauvres eux-mêmes à leur promotion. Cela a conduit l'AIC à la maturation d'une nouvelle compréhension de l'importance de la famille dans sa globalité, en tant que première cellule de la communauté humaine et noyau primordial élémentaire de l'ordre social. Des motivations nouvelles et plus profondes, d'ordre sociologique, ont été dégagées. De telles motivations est née l'idée qu'il ne suffit pas de soutenir les familles les plus pauvres, mais qu'il faut aussi leur faire prendre conscience de la valeur et des droits de la famille. Il faut lutter avec elles pour les défendre. Au cours de cette campagne, les volontaires de l'AIC ont trouvé des alliées précieuses dans les femmes de ces communautés : en général elles se sont montrées sensibles à la dimension familiale et sociale. Ainsi est née entre les femmes une solidarité qui s'exprime concrètement, dans la participation active à des initiatives de soutien communautaire, projetées et exécutées de commun accord par les volontaires et les femmes des communautés locales, femmes auxquelles il arrive de devenir à leur tour des volontaires de l'AIC, engagées dans l'autopromotion de leur communauté. L'idée de l'autopromotion des pauvres, devenue l'un des objectifs prioritaires de l'AIC, a été promue au sein de l'association à partir d'une intuition des volontaires latino-américaines, alarmées par les souffrances des communautés les plus marginalisées, où les personnes ne sont pas respectées dans leur dignité, leurs droits, surtout le droit de décider de leur propre vie. Pour combattre cette négation du droit des pauvres à être les agents de leur promotion, les volontaires latino-américaines ont entrepris une campagne d'animation communautaire, afin de susciter chez les pauvres eux-mêmes la volonté de lancer des initiatives et de mettre en chantier des projets d'autopromotion. De l'Amérique latine, cette intuition fondamentale s'est répandue, avec plus ou moins de difficultés, dans le monde entier. Dans chaque pays il y a maintenant des volontaires AIC engagées dans des projets de ce genre.
En 1994, l'AIC assume la défense des droits de l'homme en faveur des plus pauvres Avec les années, l'idée de l'autopromotion s'est développée. Elle a conduit les volontaires à faire une recherche approfondie sur la valeur sociale de la personne. Ainsi a-t-on compris que nul ne peut se promouvoir tout seul, que tout développement authentique ne peut se faire que dans le contexte familial et social. On a entrepris aussi une recherche sur les injustices dont souffrent principalement les pauvres. De nos jours ils sont nombreux à se sentir refoulés aux marges, exclus de toute participation, refusés par la société. Cette marginalisation est gravement injuste, parce qu'elle empêche de jouir des droits fondamentaux. C'est souligné par la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme" des Nations-Unies. Selon l'article 7, toute personne a droit d'être protégée des discriminations. L'article 22 affirme le droit de disposer de moyens suffisants pour le libre développement de sa personnalité. La personne a le droit de participer à la vie publique (art. 22) et culturelle de sa communauté (art. 27). Par conséquent, comme le disait Monsieur Vincent, la lutte contre l'exclusion sociale est oeuvre de justice avant d'être oeuvre de miséricorde. Les volontaires ont soigné la réflexion sur leurs devoirs face à tant de droits niés. Au cours de la récente Assemblée, à Antigua, les délégations des associations AIC du monde entier ont décidé de s'engager dans une action "politique" : en dénonçant les injustices qui frappent les pauvres, les femmes surtout, en faisant aussi pression sur les structures publiques afin que soient reconnus et défendus les droits des personnes, des familles et des communautés marginalisées. Pour cette action politique, les volontaires AIC collaborent avec d'autres organisations de volontariat, avec les institutions et les mouvements sociaux les plus ouverts aux problèmes de justice, sachant bien que cette oeuvre elles ne peuvent la faire à elles seules. Il faut en effet une vaste campagne de sensibilisation de l'opinion publique. Il faut diffuser dans la société l'idée que la pauvreté n'est pas une fatalité à laquelle il faut se résigner, en ne faisant qu'adoucir ses effets avec de simples palliatifs. Il faut faire ressentir la pauvreté comme une injustice à combattre, en commençant par des interventions appropriées de prévention ainsi que de sensibilisation des cultures. Par "culture" nous entendons tout le complexe d'idées, de connaissances, d'histoire, de traditions, qui forment la mentalité courante. Les volontaires de l'AIC ont donc élargi leur enquête pour discerner, dans le bagage culturel de leur milieu de vie, les motivations qui créent tant de situations d'injustice et de manque de respect de la dignité des marginalisés. On a découvert une vaste gamme de mentalités. Il y a le mépris explicite des faibles, regardés comme des ratés, des incapables, donc indignes de jouir de leurs droits fondamentaux. Il y a une grande variété de sentiments diversement nuancés : ils ont en commun de manquer totalement de confiance dans les pauvres et de conduire à se substituer à eux, à leur offrir une assistance souvent humiliante. Evidemment, toutes ces mentalités sont des obstacles sérieux à l'autopromotion authentique, basée sur le respect et sur la solidarité paritaire.
Vers une culture de la solidarité et de l'autopromotion, du respect et de la paix Grâce à cette réflexion, l'AIC voit que, pour défendre la dignité humaine et la justice, il est nécessaire de s'appliquer à déraciner de telles mentalités, à transformer des convictions intimes très répandues et profondément enracinées. Il faut arriver à avoir de l'impact sur les cultures existantes, à y greffer une culture neuve de paix, de respect, de solidarité et d'autopromotion, à force d'un travail lent et tenace. C'est seulement lorsque cette nouvelle culture sera plus répandue que deviendra réalité au sein de la communauté humaine le voeu exprimé dans les premières lignes de la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme" : "La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénable.
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